La Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits Humains a participé au Sommet Mondial des Défenseurs des Droits Humains à Paris du 29 au 31 Octobre 2018.
Le programme de ce sommet a été meublé par des panels, des sessions par région du monde (Afrique, Amérique, Asie, Europe, Moyen Orient, ….), des sessions de partage d’expérience sur la situation des Défenseurs des Droits de l’Homme, 20 ans après l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme. Il était également question de faire des propositions concrètes pour une protection efficace des Défenseurs des Droits de l’Homme les 20 prochaines années.


Au cours de la session Afrique, il ressort que les Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique, 20 ans après l’adoption de la déclaration des Nations Unies sur les Défenseurs des Droits de l’Homme (DDH), continuent d’être persécutés, d’être victimes de menaces, de détentions arbitraires, d’emprisonnement et d’assassinat.
Les défis auxquels les Défenseurs des Droits Humains de l’Afrique sont confrontés sont entre autres :

  •  Les lois qui restreignent le champ d’action des DDH/HRD (lois sur le terrorisme, lois sur le blanchiment d’argent)
  • Les restrictions liées à la liberté d’expression, de manifestation et de réunion
  • La surveillance et le contrôle des données des DDH par voie numérique
  • Les Femmes Défenseurs des Droits de l’Homme sont victimes de stigmatisation et de pesanteurs culturelles ; elles ne disposent pas de ressources suffisantes pour mener leurs activités ; elles sont victimes de violences sexuelles, de montage de photo pornographique avec leur image et diffusée sur les réseaux sociaux ;
  • Les Femmes Défenseurs qui protègent les personnes vulnérables et marginalisées (autochtones, handicapées, LGBTI…) sont exposées à plus de risques
  • La non effectivité de la mise en œuvre des décisions et résolutions des mécanismes régionaux par les Etats (Commission Africaine des Droits de l’Homme, Cour Africaine des Droits de l’Homme)
  • Des campagnes d’harcèlement publiques sont organisées contre les journalistes dans certains pays et visent à les stigmatiser et les priver de toute légitimité de leur parole
  • Les DDH sont non seulement victimes de l’impunité mais également de manœuvres politiques
  • Les Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique s’interrogent également sur les responsabilités des entreprises et particulièrement les entreprises africaines quand celles-ci sont installées dans d’autres pays africains et qui de par leurs activités ne respectent pas les droits des communautés.

Toutefois, il est bon de noter qu’en termes d’avancée, une protection légale existe pour les Défenseurs des Droits de l’Homme en Afrique à travers l’adoption de lois nationales de protection des Défenseurs des Droits de l’Homme. Les pays africains qui ont adopté ce type de lois à ce jour sont : la Côte d’Ivoire (en 2014), le Burkina Faso (en 2017) et le Mali (en 2017).
Quelques recommandations des Défenseurs des Droits de l’Homme de l’Afrique présents au Sommet :

  • Renforcer les coalitions nationales de Défenseurs des Droits de l’Homme afin qu’elles soient des relais efficaces pour es réseaux régionaux dans la protection des Défenseurs des Droits de l’Homme
  • Mener des actions de plaidoyer pour renforcer l’indépendance des mécanismes régionaux des Droits de l’Homme et des droits des Défenseurs des Droits de l’Homme
  • Accélérer le processus législatif de protection des Défenseurs des Droits de l’Homme dans les pays
  • Créer une plateforme de suivi et de mise en œuvre du plan d’action par région ; cette plateforme sera constituée des participants, des bailleurs participants au sommet)
  • S’assurer de la stabilité des pays africains par des processus électoraux crédibles et transparents
  • Mener des actions de prévention de protection des DDH et prendre en compte les voix des communautés

La Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits Humains, représentée par sa Coordinatrice Nationale, Mme Pédan Marthe COULIBALY, a eu l’honneur d’avoir été identifiée par les organisateurs, avant la tenue du Sommet, pour être le rapporteur de la session Afrique.

Les organisateurs du Sommet de Paris :
AMNESTY INTERNATIONAL- ASSOCIATION FOR WOMEN’S RIGHTS IN DEVELOPMENT (AWID) – INTERNATIONAL SERVICE FOR HUMAN RIGHTS (ISHR) – FEDERATION INTERNATIONALE DES LIGUES DES DROITS DE L’HOMME (FIDH) – FRONTLINE DEFENDERS – ORGANISATION MONDIALE CONTRE LA TORTURE (OMCT) – PROTECTDEFENDERS.EU – REPORTERS SANS FRONTIERES

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