La CIDDH préoccupée par l’agression des syndicalistes à Bouaké et l’arrestation du Défenseur des Droits de l’Homme, OZOUKOU Aristide, à Divo

La Coalition Ivoirienne des Défenseurs des Droits Humains (CIDDH) a été saisie le vendredi 15 Février 2019 de la menace de mort dont seraient victimes des syndicalistes de Bouaké.

Quelques jours après, la CIDDH a appris la destruction du matériel roulant et l’agression des membres de deux groupes de syndicats du secteur éducation formation en l’occurrence la COSEFCI (la Coalition du Secteur Education Formation de Côte d’Ivoire) et L’ISEFCI (Intersyndical National du Secteur Education Formation de Côte d’Ivoire), le lundi 25 février 2019 pendant que ces derniers étaient en réunion de concertation.

Alors que les membres de ces syndicats s’organisaient pour tenir une réunion, des individus non identifiés et en cagoule à bord d’un véhicule de type 4*4 sont arrivés et ont mis le feu aux motos stationnées.

Le constat fait état de nombreux dégâts matériels dont 11 motos incendiés et 4 autres emportés, des syndicalistes pourchassés dont 05 blessés, toute chose qui constitue un frein à la liberté de réunion et d’association.

La CIDDH a également appris l’arrestation de Monsieur OZOUKOU Aristide, étudiant en droit et Secrétaire Général de la Coordination des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (COEE CI) par des hommes en armes et en cagoules le samedi 09 Février 2019 au petit marché du quartier Bada de Divo.

Cette arrestation fait suite à la publication sur sa page Facebook d’un post demandant aux élèves et étudiants de rester à la maison suite à la grève des enseignants.

Finalement, Après plusieurs jours de recherches menées par la CIDDH, Monsieur OZOUKOU Aristide a été retrouvé à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).

Le Jeudi 28 Février 2019, la CIDDH a été informée des menaces par SMS que des syndicalistes / enseignants ont reçus de la part d’un responsable de la Direction Régionale de l’Education Nationale de Divo.

La CIDDH reste préoccupée par ces attaques de syndicalistes dans l’exercice de leur droit et appelle l’Etat à faire respecter la liberté syndicale telle que reconnu par la constitution du 08 Novembre 2016 en son article 17 alinéa 1 qui stipule que « Le droit syndical et le droit de grève sont reconnus aux travailleurs du secteur privé et aux agents de l ‘Administration publique. » Et son article 20 qui stipule que « les libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifiques sont garanties par la loi. »

Conformément à l’article 3 de la Loi N° 2014-388 du 20 Juin 2014 portant promotion et protection des Défenseurs de Droits de l’Homme qui stipule que : « Les défenseurs des droits de l’Homme exercent librement leurs activités de promotion, de défense et de protection des droits de l’Homme et des libertés fondamentales sur toute l’étendue du territoire national…. ». Les alinéas 1 et 4 de cet article donnent le droit aux Défenseurs des Droits de l’Homme de se réunir et de se rassembler pacifiquement, de publier, de communiquer et de diffuser librement leurs idées et informations sur les droits de l’Homme et les libertés fondamentales.

La CIDDH tout en condamnant avec fermeté ces actes d’agression et d’arrestation à l’endroit des Défenseurs des Droits de l’Homme invite les autorités gouvernementales à:

1. Diligenter une enquête pour situer les responsabilités dans les attaques contre les leaders syndicaux de Bouaké

  1. Prendre des mesures urgentes pour renforcer la sécurité des leaders syndicaux en général et ceux de Bouaké en particulier.
  2. Libérer sans conditions, Monsieur OZOUKOU Aristide, détenu à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA)
  3. Veiller à l’effectivité des dispositions de la loi n° 2014-388 du 20 Juin 2014 portant promotion et protection des Défenseurs des Droits de l’Homme sur toute l’étendue du territoire national Fait à Abidjan, le 2 Mars 2019 Le Bureau de Coordination de la CIDDH
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